lundi 19 octobre 2009

Changement de vision

Dans le dernier mois, j’ai fait deux séjours dans la ville de Ouagadougou, capital du Burkina Faso. Le premier séjour, d’une durée de 4 jours, était dans le cadre d’une rencontre des membres d’Ingénieurs Sans Frontières agissant à travers tout le Burkina. Le deuxième séjour, d’une durée de 3 jours, était dans le cadre d’une rencontre avec la Confédération Paysanne du Faso (CPF) , où je représentais la FEPPASI. C’est pendant ce dernier séjour que j’ai fait une constatation qui m’a bien surprise.

Il y a deux mois de ça, j’ai atterrie à Ouaga à mon arrivée en Afrique. J’ai séjourné 2 jours et trois nuits au Centre Paul Zoungrana, endroit tenu par des religieuses, avec une atmosphère très agréable et disposant de certaines commodités que je n’ai pas à Léo, telles que les douches et les toilettes. C’est donc à cet endroit que nous logeons (les membres d’ISF) lorsque nous nous rencontrons dans la capitale. C’est aussi l’endroit où j’ai choisi de dormir quand je suis allé à la rencontre de la CPF. Je commence donc à être plutôt familière avec les environs du Centre, et j’ai même quelques habitudes là-bas. Par exemple, l’endroit où je vais souper, le maquis (bar du coin) où je prends un vers avec des amis, la femme à qui j’achète le bissape (jus fais à base de la fleur d’ibiscus), l’homme qui me prépare mon burger préféré, sans oublier celui qui m’accueille à son stand tout les matins, Charles. C’est toujours avec son grand sourire qu’il me donne mon café au lait et mon sandwich omelette.

C’est en dégustant ce fameux sandwich que j’ai fais ma grande constatation. Je me souviens avoir été assise exactement au même endroit lors de mon tout premier matin en terre africaine. Les autres stagiaires québécois, présents au Burkina depuis 3 mois et demi à ce moment, m’y avait amené pour venir chercher le déjeuner.

En toute honnêteté, je me souviens avoir pensé « C’est une blague! On ne va tout de même pas mangé ici!? » Ça me semblait tout à fait impensable qu’on puisse manger dans ce genre d’endroit sans être malade! Et maintenant, j’étais contente d’y être, et je trouvais tout à fait délicieux mon petit déjeuner. Wow, quel changement de vision!

Je ne considérais plus l’endroit comme délabré, mais je voyais plutôt Charles qui m’accueillait avec beaucoup de chaleur, sincèrement heureux de me voir. Je ne remarquais plus les déchets éparpillés dans la rue tout autour, je voyais seulement les enfants qui passaient pour me saluer en riant. L’endroit dans son ensemble ne me semblait plus sale, mais plutôt entretenu avec peu de moyen, mais bien hygiénique. Bref, plus rien de ce que j’avais pensais la première fois n’était pareille. C’était une constatation vraiment impressionnante!

Quand j’ai quitté Charles après lui avoir donné le 350 Francs (0,85$ CAN) que coûtait mon déjeuner, je me suis mise à réfléchir sur la raison de ce changement. Es-ce que l’endroit a changé? Ça me semble tout à fait improbable. Es-ce que je suis rendu complètement incapable de jugement moral? Ça me semble aussi improbable, puisque ma santé se porte à merveille. Es-ce que mes priorités ont changé? Bon, c’est difficile à dire, mais je crois que je me rapproche de la réponse.

En fait, je ne vais pas vraiment vous donner de réponse. Je préfère vous laisser y penser, et peut-être me dire ce que vous en pensez, si vous le voulez bien. Je ne crois pas avoir la réponse exacte de toute façon. Je trouve par contre intéressant de voir une si grande différence qui opère en si peu de temps! Qu’en dites-vous?

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