jeudi 29 octobre 2009

Anecdotes – Partie VII

Gentillesse ou naïveté?
Afin de garder un certain équilibre physique et moral, j’ai l’habitude d’aller courir vers 5h45 tout les matins (seule heure où les rues sont moins achalandées). Heureusement pour moi, après une semaine ou deux, les gens ce sont habitués à me voir exécuter cette drôle de routine.

Un matin comme les autres, un homme en moto me dépasse à une bonne vitesse et perd sa casquette, dû au vent, quelques mètres plus loin. Je la ramasse donc en continuant mon jogging, puis la lui rend en passant à l’endroit où il s’est immobilisé. L’homme en question m’engage la conversation, et je n’ai honnêtement aucune envie de discuter, étant en sueur et comptant chaque minutes pour arriver à temps à aller faire les tâches de la maison, puis rentrer au travail… Je coupe finalement cours à son interrogatoire en répondant directement à la dernière question par : « Désolé, je suis mariée au Canada » (je sais que mentir n’est pas bien, mais pour les besoins de la cause, je dois avouer avoir usé de cette phrase à quelques reprises…). Les hommes ici n’ayant pas vraiment de gêne à approcher les femmes par des questions aussi directes que « vous êtes célibataire? », je ne me formalise pas de cette rencontre et poursuis mon chemin jusqu’à la maison. Le matin suivant, toujours en faisant mon jogging, un jeune homme à vélo perd une sandale. Ne faisant pas de lien avec le matin précédent, je ramasse la sandale en passant et la remet à son propriétaire. La même situation s’est répété trois fois à quelques matins d’intervalle. J’ai bien fini par réaliser (il était temps, je vous l’accorde) que les hommes avaient simplement vu que le premier avait réussi à « engagé la conversation », et c’était maintenant une relance entre les hommes du quartier de pouvoir avoir une discussion plus longue! Ha, ha! Quel concours!

Je fais maintenant mon jogging en riant chaque fois qu’un objet est échappé près de moi, saluant le propriétaire sans me penché ou m’arrêter, continuant mon chemin le sourire aux lèvres.

Panique générale
Minata et moi dans notre chambre, discutant en se préparant pour aller voir des amis, Safra et la vieille se reposant en silence dans la pièce voisine, l’atmosphère dans la maison est des plus calme. Sans signe préalable, tout s’anime d’un seul coup : la vieille se mets à crier, et est vite imité par Safra qu’on entend maintenant courir dans tout les sens! Minata, qui était assise sur le sol de la chambre, se lève d’un seul bond et se joint aux cris des deux autres. De mon côté, les cris fusant de toute part en Djula, personne ne semble se soucier du fais que je n’ai aucune idée de la raison de cette soudaine panique. Comme je m’en sors à peine pour comprendre les salutations en Djula, je n’espère même pas réussir à capter un mot de ce qu’elles disent (à vrai dire, si ce n’est que Minata à pointer du doigt en criant, je n’aurais probablement jamais su que tout ces cris étaient en fait des mots). Je regarde donc dans tout les sens, essayant de trouver la source du drame. Puis, aussi subitement qu’il c’est levé, le calme retombe dans la maison. Minata, la première à reprendre ses esprits, m’explique la cause de tout ce branle-bas de combat : une souris est entrée dans la maison. Wow! Avec autant d’énervement, je ne m’attendais à rien de moins qu’à voir un lion dans la cours! J’ai eu tout un fou rire intérieur en pensant que je savais très bien qu’une souris habitait la maison depuis plus de trois semaines…

Et le travail?

Ahhh, les bailleurs…
À la fédération, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas les nouvelles idées qui manques! À vrai dire, les gens aiment tellement les nouvelles idées que tous les projets qui semblent avoir un certain potentiel pour la FEPPASI sont acceptés. En soit, ce n’est pas mauvais. Mais dans les faits, il n’y a que 7 personnes sur le conseil de gestion pour arriver à administrer tout ces projets! Comment faire pour arriver à sélectionner quels projets accepter et quel projet refuser? Et bien, je me suis penché sur la question cette semaine, et il c’est avéré que la réponse est beaucoup plus compliqué que ce que j’avais prévu…

Il faut d’abord savoir qu’une Fédération comme la FEPPASI ne vit pas de ses propres moyens, seulement une somme minime est payée par les adhérents. Ce sont donc des subventions externes qui permettent d’administrer les salaires ainsi que toutes les dépenses reliées aux activités de la Fédération. Dans le cas présent, ces subventions proviennent pour la majorité de la Suisse et de la France, et pour quelques petites exceptions, de l’Amérique du Nord. Cela veut donc dire que, qui dit projet, dit aussi entrée d’argent pour la Fédération! C’est donc la base #1 du problème. Les bailleurs de fonds donnent des subventions reliées à divers projets, et ainsi demandent des rapports et compte rendus afin de mieux suivre l’impact (trop souvent sous forme matérielle) qu’aura l’argent qu’ils investissent.

La base #2 du problème se situe, selon moi, au niveau des ambitions. Certaines personnes sont particulièrement motivées à faire en sorte que les producteurs sortent de la misère, et serait vraiment prêt à faire n’importe quoi pour que ça arrive. Malheureusement, ils ne pèsent pas toujours les pours et les contres des actions qu’ils prennent pour comprendre l’impact concret au bout du compte. Parfois, en voyant la somme proposée par certains bailleurs, ils ne considèrent pas la distribution des fonds, c’est-à-dire le nombre de personne touché. Je m’explique : si un bailleur de fonds propose un projet avec une subvention de 6 000 000 FCFA, et que le projet touche la totalité des producteurs adhérents (12000), l’argent investit par producteur revient à 500 FCFA, soit 1,25$ CAN! Avoir un impact dans la vie d’un producteur avec 1,25$, il faut souhaiter une intervention du Saint-Esprit… Alors bien que le montant initiale soit attrayant, il ne faut pas perdre de vu l’impact qu’aura le projet.

Il y a donc toute une gymnastique a faire pour arriver à démontrer à certains que, bien que l’offre soit intéressante, il ne faut pas oublier de voir plus loin que la subvention.

Discipline
Être structuré et assidue dans ces rencontres et son travail, je crois bien que c’est ce qui forme une base solide pour tout organisme ou entreprise. Malheureusement, ce sont deux lacunes que j’ai constaté dès le début à la Fédération. Pendant l’absence de mon homologue, j’ai beaucoup mis de temps à trouver des outils qui permettraient de structurer les gens dans leur travail et un meilleur suivi des projets. À mon grand bonheur, les gens ont semblé comprendre l’utilité de ces outils et me posent régulièrement des questions pour perfectionné leur utilisation, yeah! Petite victoire!

Côté discipline, et bien il reste du travail à faire! J’ai tenté, avec une mes collègue, de lui faire comprendre l’impact du manque de discipline avec toute sorte d’exemples concerts. Par exemple, pendant une rencontre lorsque cinq personnes sur dix s’absentent momentanément d’une rencontre pour n’importe quelle raison (souvent peu valable) la réunion s’avère improductive et une véritable perte de temps pour les gens présents. À force d’exemple, elle a fini par être la plus assidue du bureau et a réussi à faire comprendre l’importance d’être présent à la rencontre hebdomadaire pour tous les membres du conseil de gestion, yeah encore! Cette collègue ainsi que mon homologue ont maintenant tendance à s’énerver lorsque quelqu’un se lève sans raison pendant une rencontre.

Voilà donc deux début de changement au bureau qui me permettent d’être plus efficace dans mon travail. Sinon, il devient difficile de rencontrer les gens et de trouver du temps pour arriver à faire mon travail! Ouf!!

Retrouvailles

Terminé la vie en solitaire! Mardi le 21 octobre dans l’après-midi, j’ai reçu un appel de Minata me disant qu’elle avait quitté Ouaga le midi et serait à Léo vers 15h00, super! Après avoir passé quelques jours avec sa famille à Ouaga au retour de sa formation, elle est revenue à la maison pour reprendre sa routine à Léo.

À son arrivée, nous avons passé des heures à discuter de tout ce qui c’est passé en son absence, et de tout de qu’elle a vécu pendant sa formation. Nous avons eu beaucoup de plaisir et les discussions ont été très constructives.
Sa formation était dans le cadre d’une subvention donné par un partenaire de la France qui voulait qu’elle se rende là-bas pour voir comment le secteur agricole y fonctionne. Elle a avoué ne pas avoir compris la pertinence de certaines visites qu’on lui a fait faire. J’étais d’ailleurs d’accord sur plusieurs points qu’elle à soulevés. Le partenaire n’a peut-être pas suffisamment considéré la marge qui existe entre la France et le Burkina. Heureusement, Minata est très terre à terre et a bien compris qu’on ne peut pas brûler les étapes du développement : il faut qu’un producteur arrive à tenir des comptes de son exploitation avant de lui acheter un tracteur. Bref, ce fut une discussion animée et un bon départ pour les 2 mois à suivre.

L’étape #2 des retrouvailles c’est produit dimanche le 25 octobre ; la maman de Minata ainsi que sa cousine, Safra, son revenues à la maison! En l’espace de 2 semaines, l’atmosphère de la maison a complètement changée. Étrangement, après quelques jours seulement, la routine a repris le dessus, et nous vivons ensemble comme si le mois précédent n’aura jamais existé. Les seules traces de ce mois-là sont à l’intérieur, parce que c’est maintenant que je constate que j’ai beaucoup changé.

lundi 19 octobre 2009

Anecdotes – Partie VI

Réaction inattendue

Comme je l’ai mentionné à quelques reprises depuis mon arrivée ici, la nourriture est une source incroyable de différences culturelles. Dans une discussion portant sur ces différences, j’exposais à mon ami burkinabè (avec qui je suis à l’aise de donner mon opinion franche) les difficultés que j’ai rencontré sur le point de vue culinaire. J’ai entre autre listé les partie traditionnel que nous mangeons au Québec (poitrine/cuisse de poulet, viande de bœuf…) et j’ai terminé mon point en disant : « Tu comprends que manger une tête de mouton, c’est un peu difficile à concevoir, quand le morceau de viande qui sort le plus de l’ordinaire pour moi, c’est les cuisses de grenouille! ». En un seul bond il était debout avec un air terrifié sur le visage : « Vous mangez les cuisses des grenouilles!?! C’est complètement dégoutant!! ». Sur le coup, j’ai pensé que la grenouille était d’une façon quelconque symbolique pour eux. Mais avec son exclamation, j’ai bien compris qu’il trouvait simplement répugnant de manger des grenouilles. Il m’a avoué ne jamais pouvoir concevoir se mettre ça dans la bouche… et moi qui me suis rendu à manger des yeux et des couilles! Les goûts sont définitivement influencés par la culture!

Sur la route de Ouaga

Dans le car menant à Ouaga, j’avais terriblement sommeil et je savais que ma fin de semaine ne serait pas de tout repos, alors j’ai profité de ces trois heures de route pour me reposer au maximum. Ce « maximum » étant quelque peu affecté par un homme extrêmement volubile sur ma droite, et par le fait que j’étais complètement coincé entre lui et la fenêtre dans la chaleur du début de l’après-midi… J’ai tout de même réussi à m’assoupir au bout d’une heure de route, enfin.

Mais quelle chaleur incroyable! J’ai dû rêver que j’étais en enfer pour avoir aussi chaud! J’étais complètement en nage, ma pagne (vêtement traditionnel) était complètement trempé! C’est là seulement que j’ai réalisé la cause de cette chaleur extrême : l’homme très volubile sur ma droite, n’ayant plus de compagnon à qui parler, a décidé de piquer un petit somme et de s’étendre… sur moi! Sa tête sur mes genoux, son sac reposant sur son côté et appuyé sur mon bras, j’avais tout juste quelques centimètre de peau libre pouvant jouir de la petite brise que m’offrait la fenêtre! Le voisin de droite de l’homme en question à compris mon état abasourdi et à réveillé le dormeur. Ce dernier a pris le temps de s’étirer, a retiré son sac de sur mon bras, puis c’est remis en position assise pour me demander avec toute l’aise du monde : « Bien dormi? »

Changement de vision

Dans le dernier mois, j’ai fait deux séjours dans la ville de Ouagadougou, capital du Burkina Faso. Le premier séjour, d’une durée de 4 jours, était dans le cadre d’une rencontre des membres d’Ingénieurs Sans Frontières agissant à travers tout le Burkina. Le deuxième séjour, d’une durée de 3 jours, était dans le cadre d’une rencontre avec la Confédération Paysanne du Faso (CPF) , où je représentais la FEPPASI. C’est pendant ce dernier séjour que j’ai fait une constatation qui m’a bien surprise.

Il y a deux mois de ça, j’ai atterrie à Ouaga à mon arrivée en Afrique. J’ai séjourné 2 jours et trois nuits au Centre Paul Zoungrana, endroit tenu par des religieuses, avec une atmosphère très agréable et disposant de certaines commodités que je n’ai pas à Léo, telles que les douches et les toilettes. C’est donc à cet endroit que nous logeons (les membres d’ISF) lorsque nous nous rencontrons dans la capitale. C’est aussi l’endroit où j’ai choisi de dormir quand je suis allé à la rencontre de la CPF. Je commence donc à être plutôt familière avec les environs du Centre, et j’ai même quelques habitudes là-bas. Par exemple, l’endroit où je vais souper, le maquis (bar du coin) où je prends un vers avec des amis, la femme à qui j’achète le bissape (jus fais à base de la fleur d’ibiscus), l’homme qui me prépare mon burger préféré, sans oublier celui qui m’accueille à son stand tout les matins, Charles. C’est toujours avec son grand sourire qu’il me donne mon café au lait et mon sandwich omelette.

C’est en dégustant ce fameux sandwich que j’ai fais ma grande constatation. Je me souviens avoir été assise exactement au même endroit lors de mon tout premier matin en terre africaine. Les autres stagiaires québécois, présents au Burkina depuis 3 mois et demi à ce moment, m’y avait amené pour venir chercher le déjeuner.

En toute honnêteté, je me souviens avoir pensé « C’est une blague! On ne va tout de même pas mangé ici!? » Ça me semblait tout à fait impensable qu’on puisse manger dans ce genre d’endroit sans être malade! Et maintenant, j’étais contente d’y être, et je trouvais tout à fait délicieux mon petit déjeuner. Wow, quel changement de vision!

Je ne considérais plus l’endroit comme délabré, mais je voyais plutôt Charles qui m’accueillait avec beaucoup de chaleur, sincèrement heureux de me voir. Je ne remarquais plus les déchets éparpillés dans la rue tout autour, je voyais seulement les enfants qui passaient pour me saluer en riant. L’endroit dans son ensemble ne me semblait plus sale, mais plutôt entretenu avec peu de moyen, mais bien hygiénique. Bref, plus rien de ce que j’avais pensais la première fois n’était pareille. C’était une constatation vraiment impressionnante!

Quand j’ai quitté Charles après lui avoir donné le 350 Francs (0,85$ CAN) que coûtait mon déjeuner, je me suis mise à réfléchir sur la raison de ce changement. Es-ce que l’endroit a changé? Ça me semble tout à fait improbable. Es-ce que je suis rendu complètement incapable de jugement moral? Ça me semble aussi improbable, puisque ma santé se porte à merveille. Es-ce que mes priorités ont changé? Bon, c’est difficile à dire, mais je crois que je me rapproche de la réponse.

En fait, je ne vais pas vraiment vous donner de réponse. Je préfère vous laisser y penser, et peut-être me dire ce que vous en pensez, si vous le voulez bien. Je ne crois pas avoir la réponse exacte de toute façon. Je trouve par contre intéressant de voir une si grande différence qui opère en si peu de temps! Qu’en dites-vous?

La vie tout autour de moi

Ah, comme les temps file! J’ai une sensation très étrange depuis une semaine. C’est comme si j’étais ici depuis très longtemps, mais en même temps, je continue d’apprendre à tout les jours. Ces derniers temps, j’ai pris davantage le temps de regarder ce qui m’entoure, de voir ce que je ne remarque plus après deux mois dans cet environnement.

J’ai observé de nouveau la ville qui se réveille d’un seul coup le matin au lever du soleil, c’est comme si tout se met à bouger en même temps au son de la prière qui ce termine à la Mosquée. Les hommes qui quittent pour les champs, les femmes qui battent les grains au mortier, qui font la lessive, qui étendent la farine à sécher, qui balaient la cour. Les enfants plus jeunes qui cours et qui rient, les plus vieux qui aident dans la cours ou aux champs. Même les animaux se mettent de la partie. Les chèvres courent dans toutes les directions, les bœufs font des allers-retours à la queue leu-leu, rythmé par les bâtons des éleveurs. Les porcs, les poulets et les pintardes cherchent à qui mieux-mieux de quoi se nourrir dans les environs, et les ânes de leur côté, sont d’éternelles statuts, lorsqu’ils ne sont pas utilisés pour traîner les charrettes de sable ou de nourriture.

Avec la routine, j’ai fini par ne plus voir cet espèce de désordre qui règne, et qui est pourtant ordonné quand on prend le temps d’analyser. C’est plutôt fascinant! Ça fait partie des détails que j’oublie de partager, mais qui représente pourtant la base de la vie ici.

En observant, j’ai fais fait un autre constat à l'opposé du premier : l’immobilité pendant l'attente ou le repos, au travers du brouhaha. Les passagers attendant un car, les vendeurs attendant un client, ou simplement les dimanches, jours de repos, les gens sont simplement assis, sans bouger. J’ai réalisé ça davantage quand je me suis comparé aux gens qui attendaient le car avec moi. Je ne tenais carrément pas en place! Tic nerveux du bout du pied, chasse les mouches de la main, gratte le genou, replace les cheveux… mais eux, rien! Wow, c’est quand même impressionnant quand on s’arrête pour remarquer! C’est comme s’ils étaient tous en transe, un peu inconscient de ce qui les entours. Vraiment particulier comme sensation! J’en suis venu à être obsédé par mes moindres mouvements, mais je vous mets au défi de rester immobile plus de 15 minutes, et on s’en reparle! C’est tout simplement impossible dans mon cas! :P

dimanche 4 octobre 2009

Anecdote - Partie V

Distraction

Mes collègues du conseil de gestion sont pour la plupart des gens ayant une grande motivation dans leur travail, et par conséquent, ne compte pas leurs heures de travail. C’était donc un de ces soirs vers 20h30, heure où je commence sincèrement à être improductive, et nous étions en pleine rencontre avec un consultant dans le domaine de l’entrepreneuriat agricole. Le consultant était en plein exposé sur un projet relié à l'igname pour la Fédération quand j’ai remarqué quelque chose qui bougeait à ses pieds. Le bureau étant partiellement en pleine air, nous avons souvent la visite de lézards, grenouilles, cafards et autres insectes et amphibiens, alors les gens portent rarement attention à ces petits visiteurs. Par contre, comme j’étais tout simplement incapable de porter attention à l’exposé vu ma fatigue, mon attention était totalement porté sur le petit animal que je n’arrivais pas à identifier mais qui étais maintenant complètement plongé dans le sac à portable du consultant. Ne sachant pas si je devais couper son exposé pour l’en avertir, je n’en fis rien. C’est seulement quand j’ai cru comprendre qu’il s’agissant d’un petit serpent que j’ai lâché une exclamation qui à vite fais d’attirer l’attention sur moi. Zut alors! J’ai été obligé de faire semblant de m’être cogné contre la patte de ma table quand je me suis rendu compte que l’animal en question n’était que le fil du portable du consultant!! Un de mes collègues jouait distraitement avec l’extrémité dudit fil, ce qui donnait lui donnait l’apparence d’un petit serpent… Heureusement, la plupart des gens dans la salle n’ont pas cherché plus loin que la lamentable excuse que j’ai donné à mon cri…

En brousse

Dans le cadre de mon travail avec la FEPPASI, je dois effectuer plusieurs visites sur le terrain afin de mieux comprendre la façon d’interagir qu’ont les différents membres de l’équipe terrain. Une de ces sorties c’est transformé en véritable aventure cette semaine lorsque je suis sortie sur le terrain avec une collègue, Kyira. C’est toujours une découverte de faire ces sorties, puisque bien souvent, les gens du bureau eux-mêmes ne connaissent pas exactement les endroits où on doit rejoindre les animateurs et conseillés…

Nous sommes parties tôt le matin afin de ne pas être en route pendant les heures de chaleur torride (les gens comparent la température actuelle avec celle de mars-avril, soit entre 35 et 45 degrés Celsius). Nous avions la chance d’avoir la grosse moto de terrain (une belle DT presque neuve!) alors les routes sablonneuses n’affectaient presque pas la conduite de ma collègue. Notre première halte ce faisait dans le village de Bieha, où l’on devait demander au président de l’Union où ce trouvait les animateurs affecté dans la zone. Heureusement, comme c’est le père de ma famille d’accueil, je n’ai eu aucune difficulté à dirigé Kyira dans le village. Il nous a donc fait part de l’itinéraire que devait suivre les animateurs. L’un d’eux se trouvait actuellement à Bori, soit beaucoup trop loin pour faire l’aller-retour en une seule journée, et l’autre animateur était en compagnie du conseillé de la zone dans un village nommé Pin. Nous avons donc opté pour allé vers Pin, village qui nous était inconnu à toutes les deux, mais qui, selon les dire du président, n’était ni loin ni difficile à trouver… il ne se doutait peut-être pas de mon total manque d’orientation (et beaucoup de gens peuvent en témoigner, ici comme au Québec…). Kyira étant une femme de terrain, je m’e suis totalement remise à son jugement…

Nous avons donc roulé dans la direction indiquée pendant un certain temps, en attente de rencontrer le prochain village, où on comptait demander notre direction afin de s’assurer du bon chemin à suivre. Une heure complète c’est ainsi écouler dans les chemins sinueux, se rétrécissant de minute en minute. Je commençais à me poser de sérieuse question sur l’endroit où on allait, mais il était impossible que l’on se soit trompé de chemin, nous n’avions croisé aucune fourche ou carrefour! J’ai dû retenir une exclamation de joie quand nous avons rencontré un âne, signe que la vie humaine ne devait plus être bien loin. Qui aurait cru qu’un âne aussi délabré, puisse me rendre heureuse!?
Il y avait effectivement quelques maisons tout près où nos avons pu nous renseigner sur le chemin à suivre. On nous a confirmé que nous étions sur la bonne voie et que l’on atteindrait Pin sans problème dans ‘pas très long’. Nous poursuivons donc notre route dans la chaleur qui devenait de moins en moins supportable sous le casque de moto. Avec les pluies torrentiel des semaines passées, certain bas-fond se trouvaient encore submergés par l’eau alors nous avons dû nous mouiller un peu afin de traverser ces cours d’eau et j’en étais même contente vue la température actuelle. Un peu d’eau ne pouvait que faire du bien! Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à ce que Kyira pousse un cri strident à l’avant de la moto : un serpent droit devant!! Qu’es-ce qu’on fait devant un serpent? C’est loin d’être mon domaine d’expertise! Le premier réflexe de Kyira à été de tourné la pognée à fond pour prendre une vitesse incroyable en tenant le klaxon enfoncé, et tout ça en continuant de pousser son cri strident. Si le serpent a eu peur, et bien il ne fut pas le seul!!! Je me demande de quoi j’ai eu le plus peur, le serpent ou bien la réaction de Kyira?

Quelques instants plus tard, nous nous sommes toutes les deux calmées et Kyira a repris une vitesse plus normale, puis nous nous sommes mises à rire. S’il y a un point que nous avons en commun, c’est notre sens de l’humour pour dédramatiser toute situation! Je crois d’ailleurs qu’elle me surpasse dans le domaine!
Mais l’aventure n’était pourtant pas finie! Nous avions encore un bon moment à rouler vers ce fameux village nommée Pin. Le soleil était maintenant à son zénith et ma peau commençait à le ressentir malgré la crème solaire 35 que j’avais appliquée. Nous avons finalement atteint le village et avons pu voir l’animateur et le conseillé de la zone qui étaient en train d’interroger un producteur dans sa plantation de coton. Nous avons complété les documents nécessaires à notre travail et n’avons pas traîné sachant que notre journée n’était pas terminée. Nous avons donc fais demi-tour pour reprendre le chemin de Bieha, lieu de notre rendez-vous avec d’autres producteurs. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ça s’est produit, mais une distraction quelconque a fais en sorte que nous nous sommes écarté du droit chemin pour atterrir dans un cul-de-sac. Et oui, ça existe un cul-de-sac dans la brousse! On a finalement retrouvé notre chemin et avons roulé pendant près de 30 minutes avant que la moto décide de s’arrêter, comme ça, sans raison!?! Que faire? On a rit, ça c’est sur, mais je me suis mis à rire plutôt jaune quand j’ai pris conscience qu’on se trouvait tout près de l’endroit où nous avions rencontré le serpent plus tôt, et j’ai totalement stoppé mon rire quand nous avons entendu le cri des éléphants un peu plus loin dans la brousse. Décidément, quelqu’un devait se payer notre tête dans le moment! C’est le genre de jour que tu crois voir dans le film seulement…

Quel soulagement quand nous avons vu la moto de l’animateur FEPPASI arrivé derrière nous! Il se rendait lui aussi à Bieha puisqu’il avait terminé à Pin! Une chance supplémentaire pour nous : il s’y connaît bien avec les motos et remet notre belle DT en marche en moins de deux! Inutile de dire qu’on lui a demandé de ne pas nous quitté d’une semelle avant notre arrivé à Bieha, juste pour s’assurer qu’un arbre ne décide pas à nous tombé dessus, ou qu’un éléphant apparaisse devant nous, histoire de bien finir la journée!
Quand nous avons arrêté la moto chez ma famille d’accueil de Bieha qui nous attendait pour le repas, nous étions totalement vidées! Nous avons mangé rapidement pour pouvoir rencontrer le reste des producteurs et nous sommes finalement revenues à Léo!!

J’avais l’impression d’être partie depuis des jours! J’étais complètement trempé de sueur, mais tellement heureuse d’être arrivé! Ce soir-là, moi et Kyira avons pris un verre avec des collègues et avons porté un toast au rire! Nous avons conclu que sans lui, nous n’aurions jamais passé à travers notre journée.

La fédération en action

De belles surprises m’attendaient cette semaine dans mon exploration des différents programmes portés de front par la Fédération. Depuis le début de mon stage, j’ai passé beaucoup de temps à explorer les différentes orientations de la FEPPASI afin de mieux comprendre comment je pourrais être utile à sont meilleur fonctionnement.
Plusieurs des programmes en cours concernent des types de cultures bien précis, comme par exemple l’igname, les noix karité, le maïs, les arachides… Mais bien que ces projets soit d’un bon appui pour les producteurs, ils manquent souvent de structuration et le temps passé par les chargés de ces dossier est insuffisant pour les mené à bien. (En tout cas, c’est mon diagnostique jusqu’à présent, trop de projet, pas assez de ressources humaine…)
Mais en assistant à une rencontre avec des consultants engagé par la FEPPASI et subventionné par un groupe Européen, j’ai eu la surprise de voir qu’un projet qui a beaucoup plus d’envergure est sur le point d’être mis sur pied. La Fédération est en train de mettre sur pied une entreprise qui pourrait faciliter la mise en marché des produits agricoles ainsi que la vente groupée des produits. Ces aspects sont en effet deux faiblesses majeures pour les producteurs. Comme c’est un dossier confidentiel, je ne peux donné plus d’information, mais je dois mentionner que j’ai été très agréablement surprise par une telle initiative de la part de la FEPPASI.
En ce qui concerne le travail des animateurs, j’en suis à mettre sur pied un calendrier qui pourrait leur permettre de ciblé les activités réalisables en une semaine, puis en un mois. De cette façon, ils pourront avoir un but précis dans le mois et la fierté d’atteindre leur but puisqu’il sera réalisable! Si je vous remets en mémoire leur problème no1 (selon moi) il s’agissait d’avoir beaucoup trop à faire en un mois, à un point tel qu’il leur est impossible d’arrivé à en faire le quart, et la motivation qu’il porte à leur travail en ai donc affectée!
C’est donc un pas à la fois que je gagne la confiance des acteurs principaux de la FEPPASI afin de faire passer mes observations et les transformer en action au bout du compte, si tout ce passe bien!