Afin de garder un certain équilibre physique et moral, j’ai l’habitude d’aller courir vers 5h45 tout les matins (seule heure où les rues sont moins achalandées). Heureusement pour moi, après une semaine ou deux, les gens ce sont habitués à me voir exécuter cette drôle de routine.
Un matin comme les autres, un homme en moto me dépasse à une bonne vitesse et perd sa casquette, dû au vent, quelques mètres plus loin. Je la ramasse donc en continuant mon jogging, puis la lui rend en passant à l’endroit où il s’est immobilisé. L’homme en question m’engage la conversation, et je n’ai honnêtement aucune envie de discuter, étant en sueur et comptant chaque minutes pour arriver à temps à aller faire les tâches de la maison, puis rentrer au travail… Je coupe finalement cours à son interrogatoire en répondant directement à la dernière question par : « Désolé, je suis mariée au Canada » (je sais que mentir n’est pas bien, mais pour les besoins de la cause, je dois avouer avoir usé de cette phrase à quelques reprises…). Les hommes ici n’ayant pas vraiment de gêne à approcher les femmes par des questions aussi directes que « vous êtes célibataire? », je ne me formalise pas de cette rencontre et poursuis mon chemin jusqu’à la maison. Le matin suivant, toujours en faisant mon jogging, un jeune homme à vélo perd une sandale. Ne faisant pas de lien avec le matin précédent, je ramasse la sandale en passant et la remet à son propriétaire. La même situation s’est répété trois fois à quelques matins d’intervalle. J’ai bien fini par réaliser (il était temps, je vous l’accorde) que les hommes avaient simplement vu que le premier avait réussi à « engagé la conversation », et c’était maintenant une relance entre les hommes du quartier de pouvoir avoir une discussion plus longue! Ha, ha! Quel concours!
Je fais maintenant mon jogging en riant chaque fois qu’un objet est échappé près de moi, saluant le propriétaire sans me penché ou m’arrêter, continuant mon chemin le sourire aux lèvres.
Panique générale
Minata et moi dans notre chambre, discutant en se préparant pour aller voir des amis, Safra et la vieille se reposant en silence dans la pièce voisine, l’atmosphère dans la maison est des plus calme. Sans signe préalable, tout s’anime d’un seul coup : la vieille se mets à crier, et est vite imité par Safra qu’on entend maintenant courir dans tout les sens! Minata, qui était assise sur le sol de la chambre, se lève d’un seul bond et se joint aux cris des deux autres. De mon côté, les cris fusant de toute part en Djula, personne ne semble se soucier du fais que je n’ai aucune idée de la raison de cette soudaine panique. Comme je m’en sors à peine pour comprendre les salutations en Djula, je n’espère même pas réussir à capter un mot de ce qu’elles disent (à vrai dire, si ce n’est que Minata à pointer du doigt en criant, je n’aurais probablement jamais su que tout ces cris étaient en fait des mots). Je regarde donc dans tout les sens, essayant de trouver la source du drame. Puis, aussi subitement qu’il c’est levé, le calme retombe dans la maison. Minata, la première à reprendre ses esprits, m’explique la cause de tout ce branle-bas de combat : une souris est entrée dans la maison. Wow! Avec autant d’énervement, je ne m’attendais à rien de moins qu’à voir un lion dans la cours! J’ai eu tout un fou rire intérieur en pensant que je savais très bien qu’une souris habitait la maison depuis plus de trois semaines…