20 novembre, 4h00 AM. Bip! Bip! Bip! Tout le monde debout! Allez Étienne c’est l’heure!
Et oui, après 3 mois dans la Sissili, province où les animaux ne sont pas rares, l’heure est venue d’aller faire un safari!! Étienne (mon coach ISF), Sanfo (un collège de travail) et moi avons donc quitté Léo la fin de semaine dernière en direction de Nazinga, parc de protection de la faune burkinabé. C’est donc à 4h30 que nous avons quitté la FEPPASI pour prendre la route de Pô, ville faisant la frontière avec le Ghana. Le Président de la Fédération m’ayant prêté son véhicule (une Mercedes « bazou » ça existe!!), Étienne fut notre chauffeur désigné pour la journée.

Lever du soleil vers 5h45
Notre chance et malchance ; la route est extrêmement cahoteuse pour se rendre là-bas. Je dis chance puisque je n’aurais jamais réussi à garder les yeux ouvert si la route ne nous aurait pas autant « brassée la cage », et malchance puisque le temps nécessaire était doubler vu l’état de la route.
J’ai donc pu profiter du paysage, et pour une fois, vraiment m’arrêter à regarder les villages (sans le casque de moto, c’est beaucoup plus facile!).

Village typique sur la route de Pô
Nous avons donc roulé pendant près de 2h00 sur la route de Pô avant de bifurquer vers Nazinga, pour rouler encore 1h30.
Quelle joie! Nous voilà arrivée!... Ou bien? Ah, ce n’est que l’entré de l’aire de protection… Ahhh… Encore 30 kilomètres à faire sur une route un peu plus difficile selon l’homme qui garde l’entrée. Bon, alors allons-y! Après avoir pris connaissance des prix d’entré dans le parc, nous revoilà dans la voiture pour la dernière partie du trajet d’aller… partie qui s’est en fait avéré être très difficile… mais bon, on veut les voir ces animaux ou pas!? Nous avons donc pris le temps nécessaire pour faire ce trajet, qui s’est annoncé plutôt prometteur puisque nous avons eu la chance d’y voir des babouins, des cobes de Buffon (ressemble à des cerfs), et des phacochères, wow! Malheureusement, la touriste en moi était bien loin et je n’ai pas pu les photographier, faute de rapidité…
Enfin sur les lieux du campement principal, on nous a invité à nous asseoir pour attendre que le prochain 4x4 passe nous prendre pour faire la tourné du parc. Notre bonne vieille Mercedes ne nous aurait pas conduits bien loin sur les chemins hors piste.
Nous avons donc entrepris la tournée du parc debout à l’arrière de la camionnette. La végétation de la brousse là-bas est vraiment variée. Les paysage vont de très sec, à très humide.

La nature à Nazinga
On a pu observer d’autre babouins, d’autre phacochère et plusieurs types d’oiseaux différents de ce qu’on a au Canada. Certains de ces oiseaux atteignent la taille d’un homme! On a donc roulé pendant plus d’une heure au hasard dans la brousse.
C’est lorsque j’étais concentré à essayer de comprendre le fonctionnement mon appareil photo pour faire des poses à contre-jours que le chauffeur à subitement accéléré pour s’arrêter un peu plus loin sur la route principale menant au campement : Ils étaient là!! On venait de dépasser un troupeau d’une quinzaine d’éléphants! Vraiment toute une surprise! Nous avions pratiquement perdu l’espoir de les voir de près, et voilà qu’il était directement à côté de nous, à quelques mètres à peine!

Le troupeau sorti sur la route pour nous voir
Comme plusieurs éléphanteaux étaient dans le troupeau, les femelles n’étaient pas très contentes de nous voir… en particulier la femelle chef du troupeau…
On n’a pas eu besoin de s’approcher davantage pour qu’elle décide que nous étions déjà beaucoup trop près de ses petits. C’est donc pour cette raison qu’après nous avoir donné les avertissements habituels de son mécontentement, soit le barrissement puis le battement de ses énormes oreilles, elle nous a pris en chasse!!! Vous saviez que sa cours vraiment vite un éléphant?!

La Madame est pas contente!
Sur la photo ci-haut, on peu la voir en train de charger vers la camionnette! Comme la photo a été prise sans zoom, je dois vous avouer que j’avais plutôt hâte que le chauffeur redémarre…
Une fois la distance acceptable prise entre le véhicule et les animaux, nous avons eu tout le loisir de les observer. C’est vraiment impressionnant de voir à quel point ils sont nonchalants! En entrant à nouveau dans la brousse, un arbre était sur le chemin du premier de la ligné. Apparemment, ce n’est pas ça qui va l’empêcher de passer! Wow! J’imagine même pas les dégâts dans un champ de maïs! Les producteurs entourant le parc ont de quoi se plaindre!
C’est donc avec une très grande satisfaction que nous avons repris la route du campement pour reprendre la voie principale avec notre super Mercedes. Après avoir roulé à peine une dizaine de kilomètre vers la sortie du parc, une crevaison! Ça n’a pas pris 30 secondes que j’avais sortie la route de secours et le jack pour soulever le véhicule : pas question de traîner avec tout les animaux dans les parages! Étienne et Sanfo on bien rit de mon comportement, mais tout le monde a été bien content de reprendre la route rapidement.
Une fois sortie du parc nous avons roulé à peine quelques minutes avant que le véhicule ne décide de s’arrête par lui-même… C’est donc avec toute la patience d’un bon burkinabé que Sanfo à pris les devant pour trouver le problème : le tuyau menant au radiateur est brisé. On le rafistole dans de notre mieux, puis on rajoute de l’eau et on patiente un moment avant de repartir, question de laisser le moteur refroidir un peu dans la chaleur torride de l’après-midi.

Étienne et Sanfo qui rafistolent le tuyau brisé
On reprend la route en remerciant les gens qui nous ont apporté l’eau, et en priant pour que le « rafistolage » tienne bon jusqu’à Léo. Il semblerait que le ciel n’était pas en accord avec nos prières, puisque après avoir roulé une bonne heure, la voiture a décidé de faire un autre arrêt sans prévenir.

Sanfo qui ajoute l’eau dans le radiateur et moi qui paresse du côté passager
Comme c’est jour de marché dans le village où nous faisons notre deuxième halte, on en profite pour acheter de l’eau à boire, une pastèque et des petits gâteaux, ne sachant pas si on pourrait arrivé à une heure raisonnable à Léo.
C’est la quatrième panne qui fut le coup de grâce pour le moteur. Bien qu’on se soit arrêté à plusieurs reprises en chemin pour ajouter de l’eau, le moteur a fini par coller. La chance de notre malchance c’est manifesté sous forme de gendarmes. Comme nous avions rejoint la voie principale qui rejoint Léo à Ouaga, des gendarmes qui passaient ce sont arrêté dans la pénombre de la fin de l’après-midi pour nous venir en aide. Constatant qu’il n’y avait pas grand-chose à faire avec le véhicule pour le moment, Sanfo nous a offert de repartir avec les gendarmes vers Léo, et a proposé de s’occuper du véhicule, il attraperait le dernier car en direction de Léo. Étienne et moi avons donc accepté l’offre et sommes monté à bord de la camionnette des gendarmes… qui était vraisemblablement déjà pleine sans nous! Ce fut donc une première pour moi d’être ainsi coincé assise entre deux hommes d’aussi forte carrure (et apparemment incapable de sourire). Avec 3 hommes de cette trempe sur la banquette arrière, plus moi, j’étais dont contente de descendre à l’arrivée à Léo!
En marchant vers la maison, Étienne et moi avons pris plaisir à se remémorer les évènements de la journée pour les graver dans notre mémoire. Brûler par le soleil et la fatigue, nous n’avons pas eu besoin de berceuse pour dormir après une brève halte au maquis. Jouer aux touristes ne m’avait jamais paru aussi amusant et fatiguant! :)