mardi 15 décembre 2009

Avec du recul...

À moins d’une semaine du départ… J’en profite pour faire un bilan de mon expérience jusqu’à présent, et pour vous faire part de quelques-unes de mes réflexions…


Des gens comme tout le monde
Avant mon départ du Canada, je m’étais fait tout sorte d’idées sur ce que j’allais vivre ici. J’essayais d’imaginé le rythme de vie, la façon de parler et de penser des gens, leur façon de vivre, etc. Tout ça était basé sur ce que j’avais entendu des autres et lu dans les livres. Il se trouve que, comme dans tous les domaines, la théorie et la pratique sont plutôt différentes.


Je me souviens avoir eu une discussion à peu près au milieu de mon stage avec une amie du Québec qui est venu au Burkina Faso l’an dernier, dans le même cadre que moi. Je lui avais dis à ce moment que j’étais surpris de voir comme la vie se ressemble, peu importe l’endroit sur la terre. Je me cite : « C’est à croire que je m’attendais à voir des extraterrestres! Mais non, je suis resté sur la terre! Les arbres sont vert, les gens mangent, travaillent et dorment, wow! Ah!». Alors je m’étais rendu compte que, malgré toute les différences qui sautent aux yeux quand on fait les premiers pas en terre étrangère, et bien il n’en reste pas moins que les besoins de bases sont les mêmes!


Réalité et sensationnalisme
Ceux qui me connaissent bien ou qui suivent ce blog depuis le début savent que le rire fait partie intégrale de ma vie. J’ai peine à imaginer ma vie sans lui! C’était d’ailleurs une grande crainte pour moi avant de partir : faire face à des gens pour qui la vie n’est pas facile et que le travail acharné pour leur survie a aigri.


Vous savez, Vision Mondiale, pour ne nommer que cet exemple, rend l’image qu’on a de l’Afrique tellement triste, que pour ma part, j’avais un peu en tête que le grand continent Africain était en totalité représenté par cette image. Malheureusement, comme les journalistes sont toujours à la recherche d’images à sensation et d’histoires incroyables qui vous bouleversent, la réalité en ressort bien mal dépeint!


Je ne dis pas que des représentations comme celle que Vision Mondiale fait de l’Afrique n’existent pas, loin de là! Il y a des gens qui meurent de faim, il y a des enfants malades et des gens qui, de toute leur vie, ne procèderont rien d’autre qu’une veille paire de sandale et un pantalon troué… Mais, avec la toute petite parcelle de terre africaine que j’ai pu voir dans les derniers quatre mois, je peux affirmer qu’il y a beaucoup plus que ça. Il y a des gens qui ont une grande joie de vivre et qui sont prêt à tout pour sortir de la pauvreté, il y a des enfants aux yeux pétillants qui rient et s’amusent dans les rues, il y a des gens instruit qui en connaissent beaucoup plus que moi dans bien des domaines de culture générale…


Alors je reprends la route vers le Canada avec une mission en tête : donner l’image la plus juste possible de ce que j’ai vu ici pour faire en sorte que le maximum de gens en sachent plus que ce que je savait avant de partir. Finalement, faire profiter le plus de gens possible de l’expérience que j’ai vécu ici. Il me fera donc grand plaisir d’échanger avec qui veut bien et d’avoir l’opinion de ceux qui veule partager leur point de vue!


J’en profite pour vous remercier pour votre appui tout au long des quatre dernier mois : vous m’avez permis d’adoucir les jours plus difficiles et d’embellir davantage les jours de joie! Je vous dis donc MERCI!!! et au plaisir de se revoir très bientôt!!



À la vue d’un départ imminent…

Excitation, peur, bonheur, tristesse, satisfaction, déception… La montagne russe de mes émotions va bon train! À une semaine de mon départ, je regarde derrière moi, et je considère mon expérience comme un cadeau que je me suis fait. Certes, il y a eu des moments plus difficiles, des jours où le moral n’était pas très haut et où je me demandais pourquoi vivre cette expérience me tenait tant à cœur. Maintenant que mes jours en terre burkinabè sont comptés, les innombrables fous rires, les réussites au travail, les rencontres inoubliables, les découvertes et les aventures sont des dizaines, voir des centaines de fois plus fort que les moments difficiles. Je garde donc dans mon cœur des gens super et des moments inoubliables!

Voici un échantillon des photos prises lors de ma journée d'aurevoir à Léo...

Mon repas d'aurevoir

Le Président qui me remet mon cadeau de départ



Minata



Kayira


Bary



Les animateurs de Léo


Tout l'équipe de la FEPPASI!

Annecdotes - Partie IX

Parlez-moi d'une "tête de cochon"!
Ayant travaillé au bureau jusqu’à 20h30 avec Houdou, Minata et Kayira, cette dernière et moi avions décidé qu’une soirée au maquis serait bien mérité. J’ai donc quitté le bureau pour aller me doucher et enfilé une tenue propre, puis j’ai pris la route à vélo vers le maquis où nous avions décidé de nous rejoindre. Comme je n’étais jamais aller à ce maquis seule auparavant, j’avais pris la peine de m’assurer avec Kayira du bon chemin à suivre m’y rendre.

J’ai donc roulé pendant près de 20 minutes… pourtant, Léo n’est pas tellement grand! Je persistais tout de même à rouler dans la noirceur de plus en plus profonde puisque le chemin était tellement simple, qu’il me semblait impossible de m’être trompé! Il a fallu que je me rendre à l’évidence : je n’avais aucune idée de l’endroit où je me dirigeais, et je commençais sincèrement à trouver que j’étais loin du village. Je me suis décidé à marcher sur mon orgueil et j’ai appelé Kayira. Premier appel, pas de réponse. Je raccroche et décide de faire demi-tour, car bien que je me sente en sécurité à Léo, je ne voudrais pas courir de risque… Je fais donc quelques mètres dans la direction opposée, puis mon téléphone sonne. Je m’arrête pour répondre, c’est Kayira! Fiou! Elle a été retardé et se trouve toujours au bureau, elle voulait m’offrir d’embarquer à moto avec elle. Je lui explique donc ma situation, elle me dit de venir la rejoindre au service. Je n’obstine pas, ayant plutôt hâte de quitter les lieux.

Je raccroche et du même coup, je prends conscience de la noirceur qui m’enveloppe : quand je m’arrête, la dynamo de mon vélo aussi s’arrête… Je fais donc mon possible pour me remettre à pédaler le plus vite possible pour éclairer autour de moi. Zut! Quelque chose bloque ma roue avant! Non mais c’est une blague! Une petite panique s’empare de moi ; mais qu’es-ce qui est droit devant? Je n’arrive pas à voir à 3 pouces de mon nez tellement la noirceur est opaque. Je pousse, je tire, je fais mon possible pour bouger mon vélo, c’est tout juste si j’arrive à avancer de quelques centimètres. J’entends quelque chose bouger tout près de moi … Je retrouve mon téléphone à tâtons pour avoir au moins une toute petite source de lumière.

Ah ah!! J’éclate de rire! Je suis en plein centre d’un troupeau de cochons!! Dieu seul sait comment j’ai pu me mettre dans cette situation, mais il n’y a aucun doute là-dessus, une vingtaine de porcs m’entourent, bloquant l’avant et l’arrière de mon vélo! Me rendant compte du ridicule de ma situation, un fou rire me prend. Mais comment on fait pour faire bouger ces bêtes? Je ne connais pas grand-chose à l’élevage porcin… J’essai toutes sorte de tactique, toutes aussi stupides les unes que les autres, pour les faire bouger : « tssst! tsssttt!! » … « Hey! Hey! hey!! »… « On bouge, on bouge!!! » … « BOU!!! » … « Ahhhhh HA!! ». C’est suite à ce dernier cri que j’ai entendu un grand éclat de rire derrière moi. Instantanément, j’ai senti le rouge me monter aux joues, je ne voulais même pas imaginer à quel point j’avais l’air ridicule. J’essai d’éclairer en direction du rire… Un jeune homme d’une vingtaine d’années fini par sortir de la totale noirceur en allumant une torche à l’huile, il me regarde et me demande qu’es-ce que j’essai de faire. Ma réponse fuse : « Je viens d’acheter un troupeau de porc et je ne connais rien à l’élevage! » avec tout le sérieux dont je suis capable. Il me regarde comme si j’étais folle, j’éclate de rire avant qu’il ne décide de laisser « une Blanche complètement folle » à son sort.

Après avoir bien rit de mes techniques pour éloigner le troupeau, il c’est trouvé un morceau de bois en bordure de la route et avec toute l’aise du monde, il a fait un chemin pour moi et mon vélo jusqu’à ce que je sois pleinement libre. Yeah! Après l’avoir grandement remercié, je reprends ma route vers le service. Une fois arrivée, je suis complètement trempée de sueur. Kayira se confond en excuse « J’ai dit la route de Bieha, mais c’est la route de la BACB qui donne sur le maquis! ». Si on ne compte pas que Bieha est à l’Est et la BACB au Sud, c’est presque pareil! Ah ah! Je l’excuse tout de même sans problème et lui raconte, à elle et Houdou, mes péripéties. Une fois de plus, le rire a effacé toute trace de drame!
L’expression « tête de cochon » à maintenant pris tout son sens à mes yeux!!

lundi 30 novembre 2009

Culture africaine 101...

Les yeux dans les yeux
J’ai été dans l’obligation de mettre certaines choses au clair a plusieurs reprise avec certains hommes que je côtoies régulièrement. Je me demandais vraiment ce qui les poussait à croire que j’avais un intérêt évident envers eux… J’aurais dû poser la question à mon amie bien avant! Selon la rumeur populaire, si on garde le contact visuel avec son interlocuteur au-delà de quelques secondes, on lui fait savoir qu’on ne s’intéresse pas seulement à son discours, c’est un signe évident de drague! Oups…

Alombo
Quand Houdou ne se sent pas bien pendant une journée de travail, je le vois toujours boire le même liquide brun très foncé, très peu appétissant. Un jour que je ne me sentais pas très bien, il m’en a offert en me disant que ça me donnerait l’énergie nécessaire pour continuer ma journée. Comme Kayira était là et semblait d’accord avec Houdou (je fais plus confiance à Kayira puisque Houdou est un farceur incroyable!), j’ai accepté la boisson sans trop questionner… 1, 2, 3 secondes, ça va, c’est même bon malgré la couleur! 4, 5, 6 secondes… Oh là! Me voilà en train de sautiller, la bouche en feu, les yeux plein d’eau, le feu se propage à grande vitesse vers mon estomac, et tout le monde éclate de rire! Puis pouf! Plus rien! Toute sensation de feu est disparu aussi vite qu’elle est arrivée. Sur mon visage une expression béate reste. L’Alombo est une liqueur à 42% d’alcool, et on y ajoute parfois du piment. Ma réaction n’avait donc rien d’inattendu pour mes collègues!

Le dos du poulet
Les femmes étant toujours désignées pour faire le service de la nourriture lors des rencontres de partenaires, je ne m’exclus pas à la règle. Lors de la visite du partenaire principale de la Fédération, je faisais le service à la table dudit partenaire, lui servant la première assiette que Minata me tend. Quelle erreur! Le tous les gens présent à la table éclatent de rire et le partenaire me dévisage un moment avant d’éclater de rire à son tour. Comme j’ai toujours procédé de cette façon pour le service (par la hiérarchie des gens présents) je ne comprends pas pourquoi cette fois devrait être différente! Je me tourne donc vers Minata pour qu’elle m’explique ce qui ce passe. Elle se confond en excuse auprès du partenaire, qui heureusement a un bon sens de l’humour. L’erreur ne venait pas de moi : le plat que j’ai remis au partenaire contenant le dos du poulet, partie uniquement réservé aux femmes. C’est donc très mal vue de donnée cette partie à un homme. J’ai donc eu droit à un « T’aurais du me le dire! » de la part de Minata, qui fut accueilli par un « Comment j’étais supposé savoir ça!? » de ma part! Finalement tout le monde a rit et je fus désigné pour mangé le dos du poulet. Autre détail concernant cette partie du poulet : si homme vous tend directement ce morceau, c’est signe qu’il apprécie plus que votre cuisine. Et si un œuf est toujours logé dans la cage thoracique, ce qui était le cas, et bien c’est encore plus significatif! Je ne finirai décidément jamais d’en apprendre sur la culture!

La différence

Dans la vie en générale, j’ai toujours eu beaucoup de chance. Je suis en bonne santé mental et physique, et mon apparence se tient dans la moyenne, je n’attire pas les regards à cause d’une laideur ou d’une beauté particulière. Ces éléments font en sorte que je n’ai jamais vraiment eu à faire face à la différence. Vous savez ces différences qui font en sorte qu’on n’est pas comme les autres? Aujourd’hui, mon tour est venu. Lorsque malgré tout les efforts que je puisse faire pour vivre comme les autres, pour manger comme les autres, pour penser comme les autres, je ne suis pas comme les autres. Peu importe le nombre de mois ou d’années que je pourrais rester ici, ma peau restera toujours une différence qui ne se cache pas. Les gens m’associeront quand même à la richesse, l’abondance et la facilité, et jugeront toujours mes actes et mes paroles en conséquence de la couleur de ma peau. Ça m’a dérangée sur le coup de faire ce constat, la sensation d’impuissance m’a frustrée.

Quand je suis arrivée en Afrique, j’avais en tête de tout faire (ou presque…) pour m’intégrer. Je croyais sincèrement que par toutes ces actions, j’arriverais à me fondre à la masse. Je n’avais vraiment pas en tête avoir à faire face à une réalité aussi frappante.

Rencontre de la FEPPASI et ses partenaires, début octobre

La photo ci-haut démontre plutôt bien mes propos. Mes cheveux tressé, mon habit traditionnel… et ma peau incroyablement blanche! Rien ne peut la cacher.

Bien que je sois à Léo depuis 3 mois, les gens me portent toujours plus d’attention que la normal. Ça m’agaçait et j’en venais qu’à devenir frustré d’avoir autant d’attention malgré mes efforts de passer inaperçu. Je parle au passé, puisque, il y a quelques semaines de ça, un petit évènement m’a bien fait réfléchir.

Je marchais dans les rue de Ouaga avec une autre volontaire ISF (blanche), quand nous avons croisé un Blanc qui passait à vélo. Et bien, croyez-le ou non, nous nous sommes arrêté de parlé et l’avons fixé toute les deux jusqu’à ne plus le voir! Nous avons éclaté de rire quand on a pris conscience de notre comportement. Wow, comment je peux me permettre de blâmer les gens qui me dévisagent quand moi-même je dévisage les autre Blancs! Je devrais plutôt remercié ceux qui me permettent de passé sous silence!

Depuis ce jour, je salue les gens qui me dévisagent, considérant que c’est une chance pour moi de diminuer la barrière invisible qui nous sépare. Une chose est certaine, je n’envisagerai plus jamais « la différence » de la même façon!

Jouer aux touristes

20 novembre, 4h00 AM. Bip! Bip! Bip! Tout le monde debout! Allez Étienne c’est l’heure!

Et oui, après 3 mois dans la Sissili, province où les animaux ne sont pas rares, l’heure est venue d’aller faire un safari!! Étienne (mon coach ISF), Sanfo (un collège de travail) et moi avons donc quitté Léo la fin de semaine dernière en direction de Nazinga, parc de protection de la faune burkinabé. C’est donc à 4h30 que nous avons quitté la FEPPASI pour prendre la route de Pô, ville faisant la frontière avec le Ghana. Le Président de la Fédération m’ayant prêté son véhicule (une Mercedes « bazou » ça existe!!), Étienne fut notre chauffeur désigné pour la journée.

Lever du soleil vers 5h45

Notre chance et malchance ; la route est extrêmement cahoteuse pour se rendre là-bas. Je dis chance puisque je n’aurais jamais réussi à garder les yeux ouvert si la route ne nous aurait pas autant « brassée la cage », et malchance puisque le temps nécessaire était doubler vu l’état de la route.
J’ai donc pu profiter du paysage, et pour une fois, vraiment m’arrêter à regarder les villages (sans le casque de moto, c’est beaucoup plus facile!).

Village typique sur la route de Pô

Nous avons donc roulé pendant près de 2h00 sur la route de Pô avant de bifurquer vers Nazinga, pour rouler encore 1h30.
Quelle joie! Nous voilà arrivée!... Ou bien? Ah, ce n’est que l’entré de l’aire de protection… Ahhh… Encore 30 kilomètres à faire sur une route un peu plus difficile selon l’homme qui garde l’entrée. Bon, alors allons-y! Après avoir pris connaissance des prix d’entré dans le parc, nous revoilà dans la voiture pour la dernière partie du trajet d’aller… partie qui s’est en fait avéré être très difficile… mais bon, on veut les voir ces animaux ou pas!? Nous avons donc pris le temps nécessaire pour faire ce trajet, qui s’est annoncé plutôt prometteur puisque nous avons eu la chance d’y voir des babouins, des cobes de Buffon (ressemble à des cerfs), et des phacochères, wow! Malheureusement, la touriste en moi était bien loin et je n’ai pas pu les photographier, faute de rapidité…

Enfin sur les lieux du campement principal, on nous a invité à nous asseoir pour attendre que le prochain 4x4 passe nous prendre pour faire la tourné du parc. Notre bonne vieille Mercedes ne nous aurait pas conduits bien loin sur les chemins hors piste.
Nous avons donc entrepris la tournée du parc debout à l’arrière de la camionnette. La végétation de la brousse là-bas est vraiment variée. Les paysage vont de très sec, à très humide.

La nature à Nazinga

On a pu observer d’autre babouins, d’autre phacochère et plusieurs types d’oiseaux différents de ce qu’on a au Canada. Certains de ces oiseaux atteignent la taille d’un homme! On a donc roulé pendant plus d’une heure au hasard dans la brousse.
C’est lorsque j’étais concentré à essayer de comprendre le fonctionnement mon appareil photo pour faire des poses à contre-jours que le chauffeur à subitement accéléré pour s’arrêter un peu plus loin sur la route principale menant au campement : Ils étaient là!! On venait de dépasser un troupeau d’une quinzaine d’éléphants! Vraiment toute une surprise! Nous avions pratiquement perdu l’espoir de les voir de près, et voilà qu’il était directement à côté de nous, à quelques mètres à peine!

Le troupeau sorti sur la route pour nous voir
Comme plusieurs éléphanteaux étaient dans le troupeau, les femelles n’étaient pas très contentes de nous voir… en particulier la femelle chef du troupeau…
On n’a pas eu besoin de s’approcher davantage pour qu’elle décide que nous étions déjà beaucoup trop près de ses petits. C’est donc pour cette raison qu’après nous avoir donné les avertissements habituels de son mécontentement, soit le barrissement puis le battement de ses énormes oreilles, elle nous a pris en chasse!!! Vous saviez que sa cours vraiment vite un éléphant?!

La Madame est pas contente!

Sur la photo ci-haut, on peu la voir en train de charger vers la camionnette! Comme la photo a été prise sans zoom, je dois vous avouer que j’avais plutôt hâte que le chauffeur redémarre…
Une fois la distance acceptable prise entre le véhicule et les animaux, nous avons eu tout le loisir de les observer. C’est vraiment impressionnant de voir à quel point ils sont nonchalants! En entrant à nouveau dans la brousse, un arbre était sur le chemin du premier de la ligné. Apparemment, ce n’est pas ça qui va l’empêcher de passer! Wow! J’imagine même pas les dégâts dans un champ de maïs! Les producteurs entourant le parc ont de quoi se plaindre!
C’est donc avec une très grande satisfaction que nous avons repris la route du campement pour reprendre la voie principale avec notre super Mercedes. Après avoir roulé à peine une dizaine de kilomètre vers la sortie du parc, une crevaison! Ça n’a pas pris 30 secondes que j’avais sortie la route de secours et le jack pour soulever le véhicule : pas question de traîner avec tout les animaux dans les parages! Étienne et Sanfo on bien rit de mon comportement, mais tout le monde a été bien content de reprendre la route rapidement.

Une fois sortie du parc nous avons roulé à peine quelques minutes avant que le véhicule ne décide de s’arrête par lui-même… C’est donc avec toute la patience d’un bon burkinabé que Sanfo à pris les devant pour trouver le problème : le tuyau menant au radiateur est brisé. On le rafistole dans de notre mieux, puis on rajoute de l’eau et on patiente un moment avant de repartir, question de laisser le moteur refroidir un peu dans la chaleur torride de l’après-midi.

Étienne et Sanfo qui rafistolent le tuyau brisé

On reprend la route en remerciant les gens qui nous ont apporté l’eau, et en priant pour que le « rafistolage » tienne bon jusqu’à Léo. Il semblerait que le ciel n’était pas en accord avec nos prières, puisque après avoir roulé une bonne heure, la voiture a décidé de faire un autre arrêt sans prévenir.
Sanfo qui ajoute l’eau dans le radiateur et moi qui paresse du côté passager

Comme c’est jour de marché dans le village où nous faisons notre deuxième halte, on en profite pour acheter de l’eau à boire, une pastèque et des petits gâteaux, ne sachant pas si on pourrait arrivé à une heure raisonnable à Léo.

C’est la quatrième panne qui fut le coup de grâce pour le moteur. Bien qu’on se soit arrêté à plusieurs reprises en chemin pour ajouter de l’eau, le moteur a fini par coller. La chance de notre malchance c’est manifesté sous forme de gendarmes. Comme nous avions rejoint la voie principale qui rejoint Léo à Ouaga, des gendarmes qui passaient ce sont arrêté dans la pénombre de la fin de l’après-midi pour nous venir en aide. Constatant qu’il n’y avait pas grand-chose à faire avec le véhicule pour le moment, Sanfo nous a offert de repartir avec les gendarmes vers Léo, et a proposé de s’occuper du véhicule, il attraperait le dernier car en direction de Léo. Étienne et moi avons donc accepté l’offre et sommes monté à bord de la camionnette des gendarmes… qui était vraisemblablement déjà pleine sans nous! Ce fut donc une première pour moi d’être ainsi coincé assise entre deux hommes d’aussi forte carrure (et apparemment incapable de sourire). Avec 3 hommes de cette trempe sur la banquette arrière, plus moi, j’étais dont contente de descendre à l’arrivée à Léo!
En marchant vers la maison, Étienne et moi avons pris plaisir à se remémorer les évènements de la journée pour les graver dans notre mémoire. Brûler par le soleil et la fatigue, nous n’avons pas eu besoin de berceuse pour dormir après une brève halte au maquis. Jouer aux touristes ne m’avait jamais paru aussi amusant et fatiguant! :)

vendredi 13 novembre 2009

Anecdotes – Partie VIII

Réflexe
Pendant une soirée sociale avec une dizaine de mes collègues de travail, on discutait de tout et de rien quand le sujet des serpents est venu dans la conversation. Kayira étant présente, on s’est bien amusé à se rappeler notre mésaventure en brousse! C’est de cette façon que tout le monde a commencé à parler de ses propres expériences en termes de serpent… Diasso, le gestionnaire de la FEPPASI, est un excellent conteur et a probablement gagné la palme d’or de l’histoire la plus terrifiante (de mon point de vue). Il nous a raconté avoir été en visite chez sa parenté dans un village nommé Gaoua. Cet endroit est bien réputé pour être envahi par les serpents de toutes les grosseurs et de toutes les sortes… Les venimeux et les bénins. C’est donc toujours un suspense, pour les étranger au village, de savoir si le serpent à ses pieds est dangereux ou pas. Diasso nous racontait la nuit qu’il a passé là-bas, entouré d’yeux globuleux dans la noirceur de la chambre, il était en sueur. Sentant que quelque chose bougeait sur ses pieds, il ne sait pas s’il doit se lever d’un bond ou rester immobile… À ce moment précis du récit, je sens quelque chose sur mon épaule descendre sur mon bras. AAAAhhhhh!!!! J’ai littéralement hurlé en me levant d’un bond pour enlever la chose de mon bras. Tout le monde a été saisi par mon crie, particulièrement le Président de la FEPPASI qui était debout à mes côtés… Il m’avait mis la main sur l’épaule en arrivant derrière moi pour me demander si je voulais boire quelque chose… oups! Heureusement pour moi, il a un excellent sens de l’humour et a bien rit quand les autres lui on expliqué le contexte de mon crie.
Ma réputation est maintenant bien ancré, je ne peux décidemment cacher à personne que mes nerfs sont à peine plus sensible que la moyenne...

La chasse en 4x4
En revenant de Bobo, j’étais en 4x4 avec le chauffeur de la FEPPASI et on venait de déposer le Président chez lui. Il nous restait donc approximativement 40 minutes de route avant d’arriver Léo, et il était déjà 23h00, heure à laquelle je dors depuis un bon moment en général. Sans avertissement, le chauffeur s’est mis à zigzaguer exagérément sur la route. Mais à quoi es-ce qu’il pense!? Je tiens à ma vie moi! Au début, j’aurais cru qu’il évitait les trous sur la route en très mauvais état, mais au rythme qu’il allait, j’ai bien vite compris que ce n’était pas le cas! Je lui ai donc demandé ce qui n’allait pas pour qu’il ait changé d’attitude aussi drastiquement. Il a ralentit et m’a regarder comme si la réponse était tellement évidente qu’elle ne méritait pas d’être prononcé à haute voix. Voyant que je ne comprenais strictement rien à ce qui se passait, il a fini par répondre : « Comment voulez-vous que je les frappe si je vais lentement? ». J’ai eu besoin de quelques secondes de méditation avant de comprendre : son but était de frapper un animal quelconque qui traverse la voie à cette heure tardive… pour le manger une fois à la maison!
Il fut très déçu de n’avoir frappé que des oiseaux (au moins 5!) qui sont resté pris dans la grille avant du véhicule. « Au moins les enfants auront de quoi s’amuser à les faire griller! » a-t-il dit pour se consoler…

Vous y croyez, vous?

Serpent Cornu
Pour faire la route entre Léo et Boura de nuit, il faut être soit complètement inconscient, soit obligé de voyager de nuit, ou encore, être incroyablement courageux! À ce qu’on dit, un serpent gigantesque hante les bois et traverse la voie passante toute les nuits au même endroit, mais toujours à des heures différentes pour surprendre ses proies. Son diamètre atteindrait la grandeur d’un enfant et sa longueur serait plus grande que le plus grand arbre de la région! Il serait tellement imposant qu’il aurait des cornes et que si par malheur il vous voit, même si vous êtes dans le 4x4 le plus blindé qui existe, vous n’avez aucune chance de vous en sortir. Un homme qui travaille avec moi l’a vu un jour alors qu’il rentrait de Boura. Heureusement pour lui, il n’a vu que la fin de sa queue!

Quand on m’a raconté cette histoire, j’ai enfin compris l’anxiété du chauffeur de notre 4x4 quand nous avons fait la traversé Boura-Léo de nuit… Le Président de la fédération m’a affirmé qu’il se croit bénis puisqu’il a souvent fait cette traversé de nuit sans jamais rencontré la bête…

Méfiez-vous des chiens!
Depuis plusieurs années, les yens sont en voie de dispersion au Burkina Faso. Selon la rumeur populaire, certaines personnes malveillantes parviendraient par contre à ramener les esprits des yens à la vie. En nourrissant un chien avec de la viande fraîche dès sa naissance, l’esprit de la yen viendrait habiter le chien pour en faire une créature des plus agressive et dangereuse... Malgré leur apparence corporelle, méfiez-vous des chiens aux yeux de feu!

Le cracheur d’or
Il n’y a pas plus de 3 ans de ça, une vieille femme à l’esprit malveillant vivait dans un village pas très loin de Léo. Son plus grand vice était l’avarice. Elle ne vivait que dans le but de trouver un moyen pour multiplier son argent. D’après ce qu’on m’a raconté, elle aurait été jusqu’à sacrifier son fils pour faire venir à elle le serpent cracheur d’or. Elle serait parvenue à ses fins et aurait enfermé le serpent dans une immense jarre gardé dans sa maison. Un jour où elle était absente de la maison, une femme de la cours voisine a voulu lui rendre visite. En pénétrant dans la maison, la voisine est tombée face à face avec l’immense serpent qui était sortie de sa jarre. La femme a crié tellement fort que tous les hommes des cours avoisinantes se sont précipités à son secours. Ils ont tué le serpent et l’ont jeté dans le puits tari du village. Quand la vieille femme est rentrée à la maison et qu’on lui a tout raconté, elle était tellement hors d’elle qu’elle a couru jusqu’au puits et a ordonné qu’on en sorte le serpent. Malheureusement pour elle, le cracheur d’or était belle et bien mort, et rien ne pu le ranimé… À ce qu’on dit, la vieille serait morte de folie l’an dernier…

Des photos, enfin!

Au bout de trois mois, voici enfin quelques photos de mon voyage! Malheureusement, je n'ai pas les plus récentes avec moi puisque mon appareil photo est resté avec un volontaire longterme à Ouaga lors de la dernière rencontre mensuelle.
Par contre ça vous donnera au moins un idée de ce que je vois ici :)
Moi dans ma chambre à Bieha

La cours à Bieha avec Faïza et mes effets à côté de ma chaise

La famille à Léo avant le départ des femmes (manque seulement Minata)

Un baobab et... moi en bas!

Les enfants qui battent le maïs dans la cours à Bieha

Mes tatouages de héné au Ramadan

Faïza et moi au Ramadan
Les femmes qui lavent la crème de karité dans la cours à Bieha, c'est un travail très exigeant!

Le soleil qui se lève, en faisant mon jogging, Léo

Lors d'une visite de terrain, en mangeant le maïs hummmm!

Après avoir fait la lessive, dans la cours à Léo


jeudi 29 octobre 2009

Anecdotes – Partie VII

Gentillesse ou naïveté?
Afin de garder un certain équilibre physique et moral, j’ai l’habitude d’aller courir vers 5h45 tout les matins (seule heure où les rues sont moins achalandées). Heureusement pour moi, après une semaine ou deux, les gens ce sont habitués à me voir exécuter cette drôle de routine.

Un matin comme les autres, un homme en moto me dépasse à une bonne vitesse et perd sa casquette, dû au vent, quelques mètres plus loin. Je la ramasse donc en continuant mon jogging, puis la lui rend en passant à l’endroit où il s’est immobilisé. L’homme en question m’engage la conversation, et je n’ai honnêtement aucune envie de discuter, étant en sueur et comptant chaque minutes pour arriver à temps à aller faire les tâches de la maison, puis rentrer au travail… Je coupe finalement cours à son interrogatoire en répondant directement à la dernière question par : « Désolé, je suis mariée au Canada » (je sais que mentir n’est pas bien, mais pour les besoins de la cause, je dois avouer avoir usé de cette phrase à quelques reprises…). Les hommes ici n’ayant pas vraiment de gêne à approcher les femmes par des questions aussi directes que « vous êtes célibataire? », je ne me formalise pas de cette rencontre et poursuis mon chemin jusqu’à la maison. Le matin suivant, toujours en faisant mon jogging, un jeune homme à vélo perd une sandale. Ne faisant pas de lien avec le matin précédent, je ramasse la sandale en passant et la remet à son propriétaire. La même situation s’est répété trois fois à quelques matins d’intervalle. J’ai bien fini par réaliser (il était temps, je vous l’accorde) que les hommes avaient simplement vu que le premier avait réussi à « engagé la conversation », et c’était maintenant une relance entre les hommes du quartier de pouvoir avoir une discussion plus longue! Ha, ha! Quel concours!

Je fais maintenant mon jogging en riant chaque fois qu’un objet est échappé près de moi, saluant le propriétaire sans me penché ou m’arrêter, continuant mon chemin le sourire aux lèvres.

Panique générale
Minata et moi dans notre chambre, discutant en se préparant pour aller voir des amis, Safra et la vieille se reposant en silence dans la pièce voisine, l’atmosphère dans la maison est des plus calme. Sans signe préalable, tout s’anime d’un seul coup : la vieille se mets à crier, et est vite imité par Safra qu’on entend maintenant courir dans tout les sens! Minata, qui était assise sur le sol de la chambre, se lève d’un seul bond et se joint aux cris des deux autres. De mon côté, les cris fusant de toute part en Djula, personne ne semble se soucier du fais que je n’ai aucune idée de la raison de cette soudaine panique. Comme je m’en sors à peine pour comprendre les salutations en Djula, je n’espère même pas réussir à capter un mot de ce qu’elles disent (à vrai dire, si ce n’est que Minata à pointer du doigt en criant, je n’aurais probablement jamais su que tout ces cris étaient en fait des mots). Je regarde donc dans tout les sens, essayant de trouver la source du drame. Puis, aussi subitement qu’il c’est levé, le calme retombe dans la maison. Minata, la première à reprendre ses esprits, m’explique la cause de tout ce branle-bas de combat : une souris est entrée dans la maison. Wow! Avec autant d’énervement, je ne m’attendais à rien de moins qu’à voir un lion dans la cours! J’ai eu tout un fou rire intérieur en pensant que je savais très bien qu’une souris habitait la maison depuis plus de trois semaines…

Et le travail?

Ahhh, les bailleurs…
À la fédération, le moins qu’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas les nouvelles idées qui manques! À vrai dire, les gens aiment tellement les nouvelles idées que tous les projets qui semblent avoir un certain potentiel pour la FEPPASI sont acceptés. En soit, ce n’est pas mauvais. Mais dans les faits, il n’y a que 7 personnes sur le conseil de gestion pour arriver à administrer tout ces projets! Comment faire pour arriver à sélectionner quels projets accepter et quel projet refuser? Et bien, je me suis penché sur la question cette semaine, et il c’est avéré que la réponse est beaucoup plus compliqué que ce que j’avais prévu…

Il faut d’abord savoir qu’une Fédération comme la FEPPASI ne vit pas de ses propres moyens, seulement une somme minime est payée par les adhérents. Ce sont donc des subventions externes qui permettent d’administrer les salaires ainsi que toutes les dépenses reliées aux activités de la Fédération. Dans le cas présent, ces subventions proviennent pour la majorité de la Suisse et de la France, et pour quelques petites exceptions, de l’Amérique du Nord. Cela veut donc dire que, qui dit projet, dit aussi entrée d’argent pour la Fédération! C’est donc la base #1 du problème. Les bailleurs de fonds donnent des subventions reliées à divers projets, et ainsi demandent des rapports et compte rendus afin de mieux suivre l’impact (trop souvent sous forme matérielle) qu’aura l’argent qu’ils investissent.

La base #2 du problème se situe, selon moi, au niveau des ambitions. Certaines personnes sont particulièrement motivées à faire en sorte que les producteurs sortent de la misère, et serait vraiment prêt à faire n’importe quoi pour que ça arrive. Malheureusement, ils ne pèsent pas toujours les pours et les contres des actions qu’ils prennent pour comprendre l’impact concret au bout du compte. Parfois, en voyant la somme proposée par certains bailleurs, ils ne considèrent pas la distribution des fonds, c’est-à-dire le nombre de personne touché. Je m’explique : si un bailleur de fonds propose un projet avec une subvention de 6 000 000 FCFA, et que le projet touche la totalité des producteurs adhérents (12000), l’argent investit par producteur revient à 500 FCFA, soit 1,25$ CAN! Avoir un impact dans la vie d’un producteur avec 1,25$, il faut souhaiter une intervention du Saint-Esprit… Alors bien que le montant initiale soit attrayant, il ne faut pas perdre de vu l’impact qu’aura le projet.

Il y a donc toute une gymnastique a faire pour arriver à démontrer à certains que, bien que l’offre soit intéressante, il ne faut pas oublier de voir plus loin que la subvention.

Discipline
Être structuré et assidue dans ces rencontres et son travail, je crois bien que c’est ce qui forme une base solide pour tout organisme ou entreprise. Malheureusement, ce sont deux lacunes que j’ai constaté dès le début à la Fédération. Pendant l’absence de mon homologue, j’ai beaucoup mis de temps à trouver des outils qui permettraient de structurer les gens dans leur travail et un meilleur suivi des projets. À mon grand bonheur, les gens ont semblé comprendre l’utilité de ces outils et me posent régulièrement des questions pour perfectionné leur utilisation, yeah! Petite victoire!

Côté discipline, et bien il reste du travail à faire! J’ai tenté, avec une mes collègue, de lui faire comprendre l’impact du manque de discipline avec toute sorte d’exemples concerts. Par exemple, pendant une rencontre lorsque cinq personnes sur dix s’absentent momentanément d’une rencontre pour n’importe quelle raison (souvent peu valable) la réunion s’avère improductive et une véritable perte de temps pour les gens présents. À force d’exemple, elle a fini par être la plus assidue du bureau et a réussi à faire comprendre l’importance d’être présent à la rencontre hebdomadaire pour tous les membres du conseil de gestion, yeah encore! Cette collègue ainsi que mon homologue ont maintenant tendance à s’énerver lorsque quelqu’un se lève sans raison pendant une rencontre.

Voilà donc deux début de changement au bureau qui me permettent d’être plus efficace dans mon travail. Sinon, il devient difficile de rencontrer les gens et de trouver du temps pour arriver à faire mon travail! Ouf!!

Retrouvailles

Terminé la vie en solitaire! Mardi le 21 octobre dans l’après-midi, j’ai reçu un appel de Minata me disant qu’elle avait quitté Ouaga le midi et serait à Léo vers 15h00, super! Après avoir passé quelques jours avec sa famille à Ouaga au retour de sa formation, elle est revenue à la maison pour reprendre sa routine à Léo.

À son arrivée, nous avons passé des heures à discuter de tout ce qui c’est passé en son absence, et de tout de qu’elle a vécu pendant sa formation. Nous avons eu beaucoup de plaisir et les discussions ont été très constructives.
Sa formation était dans le cadre d’une subvention donné par un partenaire de la France qui voulait qu’elle se rende là-bas pour voir comment le secteur agricole y fonctionne. Elle a avoué ne pas avoir compris la pertinence de certaines visites qu’on lui a fait faire. J’étais d’ailleurs d’accord sur plusieurs points qu’elle à soulevés. Le partenaire n’a peut-être pas suffisamment considéré la marge qui existe entre la France et le Burkina. Heureusement, Minata est très terre à terre et a bien compris qu’on ne peut pas brûler les étapes du développement : il faut qu’un producteur arrive à tenir des comptes de son exploitation avant de lui acheter un tracteur. Bref, ce fut une discussion animée et un bon départ pour les 2 mois à suivre.

L’étape #2 des retrouvailles c’est produit dimanche le 25 octobre ; la maman de Minata ainsi que sa cousine, Safra, son revenues à la maison! En l’espace de 2 semaines, l’atmosphère de la maison a complètement changée. Étrangement, après quelques jours seulement, la routine a repris le dessus, et nous vivons ensemble comme si le mois précédent n’aura jamais existé. Les seules traces de ce mois-là sont à l’intérieur, parce que c’est maintenant que je constate que j’ai beaucoup changé.

lundi 19 octobre 2009

Anecdotes – Partie VI

Réaction inattendue

Comme je l’ai mentionné à quelques reprises depuis mon arrivée ici, la nourriture est une source incroyable de différences culturelles. Dans une discussion portant sur ces différences, j’exposais à mon ami burkinabè (avec qui je suis à l’aise de donner mon opinion franche) les difficultés que j’ai rencontré sur le point de vue culinaire. J’ai entre autre listé les partie traditionnel que nous mangeons au Québec (poitrine/cuisse de poulet, viande de bœuf…) et j’ai terminé mon point en disant : « Tu comprends que manger une tête de mouton, c’est un peu difficile à concevoir, quand le morceau de viande qui sort le plus de l’ordinaire pour moi, c’est les cuisses de grenouille! ». En un seul bond il était debout avec un air terrifié sur le visage : « Vous mangez les cuisses des grenouilles!?! C’est complètement dégoutant!! ». Sur le coup, j’ai pensé que la grenouille était d’une façon quelconque symbolique pour eux. Mais avec son exclamation, j’ai bien compris qu’il trouvait simplement répugnant de manger des grenouilles. Il m’a avoué ne jamais pouvoir concevoir se mettre ça dans la bouche… et moi qui me suis rendu à manger des yeux et des couilles! Les goûts sont définitivement influencés par la culture!

Sur la route de Ouaga

Dans le car menant à Ouaga, j’avais terriblement sommeil et je savais que ma fin de semaine ne serait pas de tout repos, alors j’ai profité de ces trois heures de route pour me reposer au maximum. Ce « maximum » étant quelque peu affecté par un homme extrêmement volubile sur ma droite, et par le fait que j’étais complètement coincé entre lui et la fenêtre dans la chaleur du début de l’après-midi… J’ai tout de même réussi à m’assoupir au bout d’une heure de route, enfin.

Mais quelle chaleur incroyable! J’ai dû rêver que j’étais en enfer pour avoir aussi chaud! J’étais complètement en nage, ma pagne (vêtement traditionnel) était complètement trempé! C’est là seulement que j’ai réalisé la cause de cette chaleur extrême : l’homme très volubile sur ma droite, n’ayant plus de compagnon à qui parler, a décidé de piquer un petit somme et de s’étendre… sur moi! Sa tête sur mes genoux, son sac reposant sur son côté et appuyé sur mon bras, j’avais tout juste quelques centimètre de peau libre pouvant jouir de la petite brise que m’offrait la fenêtre! Le voisin de droite de l’homme en question à compris mon état abasourdi et à réveillé le dormeur. Ce dernier a pris le temps de s’étirer, a retiré son sac de sur mon bras, puis c’est remis en position assise pour me demander avec toute l’aise du monde : « Bien dormi? »

Changement de vision

Dans le dernier mois, j’ai fait deux séjours dans la ville de Ouagadougou, capital du Burkina Faso. Le premier séjour, d’une durée de 4 jours, était dans le cadre d’une rencontre des membres d’Ingénieurs Sans Frontières agissant à travers tout le Burkina. Le deuxième séjour, d’une durée de 3 jours, était dans le cadre d’une rencontre avec la Confédération Paysanne du Faso (CPF) , où je représentais la FEPPASI. C’est pendant ce dernier séjour que j’ai fait une constatation qui m’a bien surprise.

Il y a deux mois de ça, j’ai atterrie à Ouaga à mon arrivée en Afrique. J’ai séjourné 2 jours et trois nuits au Centre Paul Zoungrana, endroit tenu par des religieuses, avec une atmosphère très agréable et disposant de certaines commodités que je n’ai pas à Léo, telles que les douches et les toilettes. C’est donc à cet endroit que nous logeons (les membres d’ISF) lorsque nous nous rencontrons dans la capitale. C’est aussi l’endroit où j’ai choisi de dormir quand je suis allé à la rencontre de la CPF. Je commence donc à être plutôt familière avec les environs du Centre, et j’ai même quelques habitudes là-bas. Par exemple, l’endroit où je vais souper, le maquis (bar du coin) où je prends un vers avec des amis, la femme à qui j’achète le bissape (jus fais à base de la fleur d’ibiscus), l’homme qui me prépare mon burger préféré, sans oublier celui qui m’accueille à son stand tout les matins, Charles. C’est toujours avec son grand sourire qu’il me donne mon café au lait et mon sandwich omelette.

C’est en dégustant ce fameux sandwich que j’ai fais ma grande constatation. Je me souviens avoir été assise exactement au même endroit lors de mon tout premier matin en terre africaine. Les autres stagiaires québécois, présents au Burkina depuis 3 mois et demi à ce moment, m’y avait amené pour venir chercher le déjeuner.

En toute honnêteté, je me souviens avoir pensé « C’est une blague! On ne va tout de même pas mangé ici!? » Ça me semblait tout à fait impensable qu’on puisse manger dans ce genre d’endroit sans être malade! Et maintenant, j’étais contente d’y être, et je trouvais tout à fait délicieux mon petit déjeuner. Wow, quel changement de vision!

Je ne considérais plus l’endroit comme délabré, mais je voyais plutôt Charles qui m’accueillait avec beaucoup de chaleur, sincèrement heureux de me voir. Je ne remarquais plus les déchets éparpillés dans la rue tout autour, je voyais seulement les enfants qui passaient pour me saluer en riant. L’endroit dans son ensemble ne me semblait plus sale, mais plutôt entretenu avec peu de moyen, mais bien hygiénique. Bref, plus rien de ce que j’avais pensais la première fois n’était pareille. C’était une constatation vraiment impressionnante!

Quand j’ai quitté Charles après lui avoir donné le 350 Francs (0,85$ CAN) que coûtait mon déjeuner, je me suis mise à réfléchir sur la raison de ce changement. Es-ce que l’endroit a changé? Ça me semble tout à fait improbable. Es-ce que je suis rendu complètement incapable de jugement moral? Ça me semble aussi improbable, puisque ma santé se porte à merveille. Es-ce que mes priorités ont changé? Bon, c’est difficile à dire, mais je crois que je me rapproche de la réponse.

En fait, je ne vais pas vraiment vous donner de réponse. Je préfère vous laisser y penser, et peut-être me dire ce que vous en pensez, si vous le voulez bien. Je ne crois pas avoir la réponse exacte de toute façon. Je trouve par contre intéressant de voir une si grande différence qui opère en si peu de temps! Qu’en dites-vous?