mardi 15 décembre 2009

Avec du recul...

À moins d’une semaine du départ… J’en profite pour faire un bilan de mon expérience jusqu’à présent, et pour vous faire part de quelques-unes de mes réflexions…


Des gens comme tout le monde
Avant mon départ du Canada, je m’étais fait tout sorte d’idées sur ce que j’allais vivre ici. J’essayais d’imaginé le rythme de vie, la façon de parler et de penser des gens, leur façon de vivre, etc. Tout ça était basé sur ce que j’avais entendu des autres et lu dans les livres. Il se trouve que, comme dans tous les domaines, la théorie et la pratique sont plutôt différentes.


Je me souviens avoir eu une discussion à peu près au milieu de mon stage avec une amie du Québec qui est venu au Burkina Faso l’an dernier, dans le même cadre que moi. Je lui avais dis à ce moment que j’étais surpris de voir comme la vie se ressemble, peu importe l’endroit sur la terre. Je me cite : « C’est à croire que je m’attendais à voir des extraterrestres! Mais non, je suis resté sur la terre! Les arbres sont vert, les gens mangent, travaillent et dorment, wow! Ah!». Alors je m’étais rendu compte que, malgré toute les différences qui sautent aux yeux quand on fait les premiers pas en terre étrangère, et bien il n’en reste pas moins que les besoins de bases sont les mêmes!


Réalité et sensationnalisme
Ceux qui me connaissent bien ou qui suivent ce blog depuis le début savent que le rire fait partie intégrale de ma vie. J’ai peine à imaginer ma vie sans lui! C’était d’ailleurs une grande crainte pour moi avant de partir : faire face à des gens pour qui la vie n’est pas facile et que le travail acharné pour leur survie a aigri.


Vous savez, Vision Mondiale, pour ne nommer que cet exemple, rend l’image qu’on a de l’Afrique tellement triste, que pour ma part, j’avais un peu en tête que le grand continent Africain était en totalité représenté par cette image. Malheureusement, comme les journalistes sont toujours à la recherche d’images à sensation et d’histoires incroyables qui vous bouleversent, la réalité en ressort bien mal dépeint!


Je ne dis pas que des représentations comme celle que Vision Mondiale fait de l’Afrique n’existent pas, loin de là! Il y a des gens qui meurent de faim, il y a des enfants malades et des gens qui, de toute leur vie, ne procèderont rien d’autre qu’une veille paire de sandale et un pantalon troué… Mais, avec la toute petite parcelle de terre africaine que j’ai pu voir dans les derniers quatre mois, je peux affirmer qu’il y a beaucoup plus que ça. Il y a des gens qui ont une grande joie de vivre et qui sont prêt à tout pour sortir de la pauvreté, il y a des enfants aux yeux pétillants qui rient et s’amusent dans les rues, il y a des gens instruit qui en connaissent beaucoup plus que moi dans bien des domaines de culture générale…


Alors je reprends la route vers le Canada avec une mission en tête : donner l’image la plus juste possible de ce que j’ai vu ici pour faire en sorte que le maximum de gens en sachent plus que ce que je savait avant de partir. Finalement, faire profiter le plus de gens possible de l’expérience que j’ai vécu ici. Il me fera donc grand plaisir d’échanger avec qui veut bien et d’avoir l’opinion de ceux qui veule partager leur point de vue!


J’en profite pour vous remercier pour votre appui tout au long des quatre dernier mois : vous m’avez permis d’adoucir les jours plus difficiles et d’embellir davantage les jours de joie! Je vous dis donc MERCI!!! et au plaisir de se revoir très bientôt!!



À la vue d’un départ imminent…

Excitation, peur, bonheur, tristesse, satisfaction, déception… La montagne russe de mes émotions va bon train! À une semaine de mon départ, je regarde derrière moi, et je considère mon expérience comme un cadeau que je me suis fait. Certes, il y a eu des moments plus difficiles, des jours où le moral n’était pas très haut et où je me demandais pourquoi vivre cette expérience me tenait tant à cœur. Maintenant que mes jours en terre burkinabè sont comptés, les innombrables fous rires, les réussites au travail, les rencontres inoubliables, les découvertes et les aventures sont des dizaines, voir des centaines de fois plus fort que les moments difficiles. Je garde donc dans mon cœur des gens super et des moments inoubliables!

Voici un échantillon des photos prises lors de ma journée d'aurevoir à Léo...

Mon repas d'aurevoir

Le Président qui me remet mon cadeau de départ



Minata



Kayira


Bary



Les animateurs de Léo


Tout l'équipe de la FEPPASI!

Annecdotes - Partie IX

Parlez-moi d'une "tête de cochon"!
Ayant travaillé au bureau jusqu’à 20h30 avec Houdou, Minata et Kayira, cette dernière et moi avions décidé qu’une soirée au maquis serait bien mérité. J’ai donc quitté le bureau pour aller me doucher et enfilé une tenue propre, puis j’ai pris la route à vélo vers le maquis où nous avions décidé de nous rejoindre. Comme je n’étais jamais aller à ce maquis seule auparavant, j’avais pris la peine de m’assurer avec Kayira du bon chemin à suivre m’y rendre.

J’ai donc roulé pendant près de 20 minutes… pourtant, Léo n’est pas tellement grand! Je persistais tout de même à rouler dans la noirceur de plus en plus profonde puisque le chemin était tellement simple, qu’il me semblait impossible de m’être trompé! Il a fallu que je me rendre à l’évidence : je n’avais aucune idée de l’endroit où je me dirigeais, et je commençais sincèrement à trouver que j’étais loin du village. Je me suis décidé à marcher sur mon orgueil et j’ai appelé Kayira. Premier appel, pas de réponse. Je raccroche et décide de faire demi-tour, car bien que je me sente en sécurité à Léo, je ne voudrais pas courir de risque… Je fais donc quelques mètres dans la direction opposée, puis mon téléphone sonne. Je m’arrête pour répondre, c’est Kayira! Fiou! Elle a été retardé et se trouve toujours au bureau, elle voulait m’offrir d’embarquer à moto avec elle. Je lui explique donc ma situation, elle me dit de venir la rejoindre au service. Je n’obstine pas, ayant plutôt hâte de quitter les lieux.

Je raccroche et du même coup, je prends conscience de la noirceur qui m’enveloppe : quand je m’arrête, la dynamo de mon vélo aussi s’arrête… Je fais donc mon possible pour me remettre à pédaler le plus vite possible pour éclairer autour de moi. Zut! Quelque chose bloque ma roue avant! Non mais c’est une blague! Une petite panique s’empare de moi ; mais qu’es-ce qui est droit devant? Je n’arrive pas à voir à 3 pouces de mon nez tellement la noirceur est opaque. Je pousse, je tire, je fais mon possible pour bouger mon vélo, c’est tout juste si j’arrive à avancer de quelques centimètres. J’entends quelque chose bouger tout près de moi … Je retrouve mon téléphone à tâtons pour avoir au moins une toute petite source de lumière.

Ah ah!! J’éclate de rire! Je suis en plein centre d’un troupeau de cochons!! Dieu seul sait comment j’ai pu me mettre dans cette situation, mais il n’y a aucun doute là-dessus, une vingtaine de porcs m’entourent, bloquant l’avant et l’arrière de mon vélo! Me rendant compte du ridicule de ma situation, un fou rire me prend. Mais comment on fait pour faire bouger ces bêtes? Je ne connais pas grand-chose à l’élevage porcin… J’essai toutes sorte de tactique, toutes aussi stupides les unes que les autres, pour les faire bouger : « tssst! tsssttt!! » … « Hey! Hey! hey!! »… « On bouge, on bouge!!! » … « BOU!!! » … « Ahhhhh HA!! ». C’est suite à ce dernier cri que j’ai entendu un grand éclat de rire derrière moi. Instantanément, j’ai senti le rouge me monter aux joues, je ne voulais même pas imaginer à quel point j’avais l’air ridicule. J’essai d’éclairer en direction du rire… Un jeune homme d’une vingtaine d’années fini par sortir de la totale noirceur en allumant une torche à l’huile, il me regarde et me demande qu’es-ce que j’essai de faire. Ma réponse fuse : « Je viens d’acheter un troupeau de porc et je ne connais rien à l’élevage! » avec tout le sérieux dont je suis capable. Il me regarde comme si j’étais folle, j’éclate de rire avant qu’il ne décide de laisser « une Blanche complètement folle » à son sort.

Après avoir bien rit de mes techniques pour éloigner le troupeau, il c’est trouvé un morceau de bois en bordure de la route et avec toute l’aise du monde, il a fait un chemin pour moi et mon vélo jusqu’à ce que je sois pleinement libre. Yeah! Après l’avoir grandement remercié, je reprends ma route vers le service. Une fois arrivée, je suis complètement trempée de sueur. Kayira se confond en excuse « J’ai dit la route de Bieha, mais c’est la route de la BACB qui donne sur le maquis! ». Si on ne compte pas que Bieha est à l’Est et la BACB au Sud, c’est presque pareil! Ah ah! Je l’excuse tout de même sans problème et lui raconte, à elle et Houdou, mes péripéties. Une fois de plus, le rire a effacé toute trace de drame!
L’expression « tête de cochon » à maintenant pris tout son sens à mes yeux!!