mardi 15 décembre 2009

Annecdotes - Partie IX

Parlez-moi d'une "tête de cochon"!
Ayant travaillé au bureau jusqu’à 20h30 avec Houdou, Minata et Kayira, cette dernière et moi avions décidé qu’une soirée au maquis serait bien mérité. J’ai donc quitté le bureau pour aller me doucher et enfilé une tenue propre, puis j’ai pris la route à vélo vers le maquis où nous avions décidé de nous rejoindre. Comme je n’étais jamais aller à ce maquis seule auparavant, j’avais pris la peine de m’assurer avec Kayira du bon chemin à suivre m’y rendre.

J’ai donc roulé pendant près de 20 minutes… pourtant, Léo n’est pas tellement grand! Je persistais tout de même à rouler dans la noirceur de plus en plus profonde puisque le chemin était tellement simple, qu’il me semblait impossible de m’être trompé! Il a fallu que je me rendre à l’évidence : je n’avais aucune idée de l’endroit où je me dirigeais, et je commençais sincèrement à trouver que j’étais loin du village. Je me suis décidé à marcher sur mon orgueil et j’ai appelé Kayira. Premier appel, pas de réponse. Je raccroche et décide de faire demi-tour, car bien que je me sente en sécurité à Léo, je ne voudrais pas courir de risque… Je fais donc quelques mètres dans la direction opposée, puis mon téléphone sonne. Je m’arrête pour répondre, c’est Kayira! Fiou! Elle a été retardé et se trouve toujours au bureau, elle voulait m’offrir d’embarquer à moto avec elle. Je lui explique donc ma situation, elle me dit de venir la rejoindre au service. Je n’obstine pas, ayant plutôt hâte de quitter les lieux.

Je raccroche et du même coup, je prends conscience de la noirceur qui m’enveloppe : quand je m’arrête, la dynamo de mon vélo aussi s’arrête… Je fais donc mon possible pour me remettre à pédaler le plus vite possible pour éclairer autour de moi. Zut! Quelque chose bloque ma roue avant! Non mais c’est une blague! Une petite panique s’empare de moi ; mais qu’es-ce qui est droit devant? Je n’arrive pas à voir à 3 pouces de mon nez tellement la noirceur est opaque. Je pousse, je tire, je fais mon possible pour bouger mon vélo, c’est tout juste si j’arrive à avancer de quelques centimètres. J’entends quelque chose bouger tout près de moi … Je retrouve mon téléphone à tâtons pour avoir au moins une toute petite source de lumière.

Ah ah!! J’éclate de rire! Je suis en plein centre d’un troupeau de cochons!! Dieu seul sait comment j’ai pu me mettre dans cette situation, mais il n’y a aucun doute là-dessus, une vingtaine de porcs m’entourent, bloquant l’avant et l’arrière de mon vélo! Me rendant compte du ridicule de ma situation, un fou rire me prend. Mais comment on fait pour faire bouger ces bêtes? Je ne connais pas grand-chose à l’élevage porcin… J’essai toutes sorte de tactique, toutes aussi stupides les unes que les autres, pour les faire bouger : « tssst! tsssttt!! » … « Hey! Hey! hey!! »… « On bouge, on bouge!!! » … « BOU!!! » … « Ahhhhh HA!! ». C’est suite à ce dernier cri que j’ai entendu un grand éclat de rire derrière moi. Instantanément, j’ai senti le rouge me monter aux joues, je ne voulais même pas imaginer à quel point j’avais l’air ridicule. J’essai d’éclairer en direction du rire… Un jeune homme d’une vingtaine d’années fini par sortir de la totale noirceur en allumant une torche à l’huile, il me regarde et me demande qu’es-ce que j’essai de faire. Ma réponse fuse : « Je viens d’acheter un troupeau de porc et je ne connais rien à l’élevage! » avec tout le sérieux dont je suis capable. Il me regarde comme si j’étais folle, j’éclate de rire avant qu’il ne décide de laisser « une Blanche complètement folle » à son sort.

Après avoir bien rit de mes techniques pour éloigner le troupeau, il c’est trouvé un morceau de bois en bordure de la route et avec toute l’aise du monde, il a fait un chemin pour moi et mon vélo jusqu’à ce que je sois pleinement libre. Yeah! Après l’avoir grandement remercié, je reprends ma route vers le service. Une fois arrivée, je suis complètement trempée de sueur. Kayira se confond en excuse « J’ai dit la route de Bieha, mais c’est la route de la BACB qui donne sur le maquis! ». Si on ne compte pas que Bieha est à l’Est et la BACB au Sud, c’est presque pareil! Ah ah! Je l’excuse tout de même sans problème et lui raconte, à elle et Houdou, mes péripéties. Une fois de plus, le rire a effacé toute trace de drame!
L’expression « tête de cochon » à maintenant pris tout son sens à mes yeux!!

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